Il y a 2 petites années, j’avais analysé plus d’une vingtaine de sites web de mairie en Indre-et-Loire, en Touraine. Et j’en avais fait un post LinkedIn assez complet. Aujourd’hui, j’ai décidé d’en faire un article.
L’objectif était d’identifier les problèmes récurrents rencontrés sur ce type de site web et de comprendre ce qui fait, au fond, un bon site internet de mairie.
À Tours, en Indre-et-Loire, comme ailleurs en France, les sites internet de mairie jouent un rôle essentiel. Ils permettent d’accéder à des informations pratiques, de suivre l’actualité de la commune ou d’effectuer certaines démarches administratives.
Cette analyse m’avait permis de dégager plusieurs axes d’amélioration en matière de webdesign, d’accessibilité et d’expérience utilisateur, spécifiques aux sites web de mairie.
Au départ, je suis parti d’un post LinkedIn de Laurianne Terfas, graphiste tourangelle, qui analysait une série de logos de mairie en Indre-et-Loire. Ça permettait déjà de dégager une certaine réalité des pratiques qu’on retrouve dans les communes. Pour le meilleur… et aussi pour le pire. Franchement, il y a des pépites. 😊
Évidemment, cette analyse se concentrait essentiellement sur de petites ou moyennes communes. Et j’ai voulu aller voir ce que donnaient leurs sites web. Ça m’a donné une belle base d’analyse.
Je connais déjà assez bien les problématiques liées au numérique dans les collectivités locales. Mon tout premier site web, réalisé dans le cadre d’un projet étudiant, était celui de la ville de Montrésor. Tu peux aller le voir, mais sois indulgent s’il te plaît. 🫣 On l’a conçu avec mon groupe d’étude, en 2017. Et si on devait le refaire aujourd’hui, on travaillerait forcément différemment. Mais pour un premier projet, et après presque 10 ans, il n’a pas si mal vieilli. Enfin… je crois.
À partir de cette liste de sites web, 16 pour être exact, j’ai finalement identifié quelques problématiques récurrentes propres aux sites web de mairie. Et en me relisant 2 ans plus tard, je suis toujours d’accord avec moi-même. Ouf.
Pourtant, certains sites internet ont évolué depuis. Et je dois avouer que je suis un peu surpris (et un peu déçu) de voir que beaucoup de nouvelles réalisations ne répondent toujours pas à ces problématiques pourtant essentielles.
Voici les problématiques que j’avais relevé :
Les sites web de mairie ont souvent beaucoup de contenu à présenter : actualités, démarches administratives, informations municipales, vie associative, événements locaux…
Et beaucoup des sites analysés rencontrent ce problème de densité d’information. Le risque, c’est que cette surcharge devienne dissuasive pour les utilisateurs et utilisatrices. La capacité à comprendre, analyser l’information et faire des choix s’en retrouve fortement réduite.
L’objectif numéro 1, c’est donc d’éviter la surcharge informationnelle. Pas de contenu inutile qui vient détourner l’attention.
Et surtout, on hiérarchise l’information. Lorsque plusieurs contenus sont mis en avant au même endroit, l’attention se disperse et la navigation devient plus difficile. Un bon webdesign consiste justement à guider le regard.
Notre cerveau ne peut pas tout traiter en même temps. Alors quand il y a trop d’informations, on décroche. Et surtout, on ne retient rien.
C’est exactement ce qu’on observe sur le site web de Pernay, en Indre-et-Loire. Le site web est structuré avec une barre latérale. C’est un modèle de mise en page qu’on utilise beaucoup moins aujourd’hui. Le problème, c’est que cette colonne ajoute des informations secondaires qui ne sont pas essentielles et qui entrent en concurrence avec le contenu principal.
Résultat : ça brouille la lecture et ça empêche de se concentrer sur le contenu principal. Et si on ajoute à ça des problèmes de lisibilité dans certaines sections, comme la liste des associations, l’expérience devient rapidement compliquée.
Remarque personnelle : je suis admiratif des personnes qui utilisent la typo « Comic sans MS » sur le web. 😊 Car oui, certains textes sont bien en Comic Sans MS.
La lisibilité est un point crucial sur un site internet de mairie. Et pourtant, c’est un problème qui revient très régulièrement. Et rassure-toi, ce n’est pas spécifique aux collectivités : je vois ça partout. Parfois, j’ai l’impression que 50% de mes remarques concernent des problèmes de lisibilité.
Alors qu’il suffit souvent de respecter quelques règles simples.
On fait attention :
Un site web public doit être facile à lire pour tout le monde. Y compris pour les personnes âgées, malvoyantes, dyslexiques ou ayant des troubles de l’attention. Bref, on ne met personne de côté.
Favoriser des contrastes suffisants et utiliser des typographies simples permet de réduire l’effort de lecture et d’améliorer l’expérience utilisateur. Et bonne nouvelle : ça ne coûte pas plus cher à mettre en place.
La commune de Véretz, en Indre-et-Loire, a depuis refait son site web. Mais à l’époque de ma première analyse, la page d’accueil posait de vrais problèmes de lisibilité.
On retrouvait notamment :
Autant d’éléments qui rendent la lecture difficile.
On remarque que la question de la surcharge informationnelle est également présente dans cet exemple. En réalité, ces 2 problématiques sont très souvent liées.
C’est de moins en moins fréquent, mais ça reste un problème. Et parfois même sur des sites récemment créés.
Aujourd’hui, une grande partie des visites se fait sur smartphone. Ne pas proposer une bonne expérience mobile, c’est passer à côté d’un usage majoritaire.
On retrouve encore régulièrement :
Quand j’étais en formation au CEFIM à Tours en 2017, on parlait déjà de mobile first. Concevoir d’abord pour le mobile, puis adapter au desktop.
Dans les agences web, tout le monde connaît ce principe. Pourtant, il est encore trop peu appliqué.
Et le problème est encore plus important pour une mairie. Contrairement à une entreprise, elle ne peut pas se permettre de “choisir” ses utilisateurs et utilisatrices. Elle doit garantir un accès équitable aux services publics.
Certaines personnes n’ont pas d’ordinateur, mais uniquement un téléphone. Il est donc essentiel que le site web de la commune fonctionne parfaitement sur tous les écrans.
C’est un cas typique des sites web qui ont aujourd’hui 10, 15, voire 20 ans.
Les problématiques liées au responsive et à l’adaptation des contenus aux différents écrans ont beaucoup évolué. Il est donc assez logique qu’un site conçu il y a 15 ans, et jamais réellement mis à jour depuis, ne soit plus au niveau aujourd’hui.
Ici, on a un site web réalisé sous Wix, qui garantit un minimum d’adaptation. Concrètement, l’affichage sur mobile fonctionne plutôt bien. Sur desktop, le rendu reste correct sur des écrans de taille moyenne, comme un ordinateur portable 14 pouces.
En revanche, dès qu’on sort de ces formats, ça se complique. Sur les grands écrans, le contenu est contraint dans une colonne trop étroite. Et sur tablette, certains contenus sont carrément coupés.
Un autre problème très fréquent concerne la manière de publier l’information.
Certaines communes diffusent leurs annonces sous forme d’affiches ou de flyers intégrés en image, sans alternative textuelle.
Cela pose deux problèmes majeurs :
– les personnes malvoyantes ne peuvent pas accéder à l’information
– les moteurs de recherche ne peuvent pas comprendre le contenu
Concrètement, Google ne peut pas indexer des informations écrites dans une image, ce qui nuit au référencement du site web.
Mais surtout, cela crée un vrai problème d’accessibilité.
La solution est simple : utiliser une image pour illustrer, mais intégrer le contenu textuel directement dans la page.
Couesmes est une petite commune d’Indre-et-Loire, à proximité de Château-la-Vallière. Le site a été refait récemment, mais certaines pratiques restent perfectibles.
On y trouve par exemple un article qui invite les citoyens et citoyennes à s’inscrire sur les listes électorales. Bonne initiative ! À l’exception que toutes les infos importantes se retrouvent une image.
Pour certaines personnes, il sera impossible de comprendre les démarches à effectuer pour s’inscrire sur les listes éléctorales.
On peut aussi penser aux personnes dont le français n’est pas la première langue. Sur n’importe quel navigateur, il est aujourd’hui facile d’activer la traduction automatique. Mais impossible de le faire sur une image.
Et enfin, n’oublie pas que le contenu d’une image ne s’adaptera pas aux différentes tailles d’écran. Résultat : l’information devient souvent compliquée à consulter sur mobile. Et ça, c’est valable pour tout le monde.
Les sites web des collectivités sont soumis à des obligations, notamment en matière d’accessibilité numérique.
Depuis 2012, les sites publics doivent respecter des règles précises et publier une déclaration d’accessibilité.
Dans les faits, ce sujet est encore très mal traité. On voit souvent apparaître des plugins “accessibilité” qui relèvent plus du gadget que d’une vraie solution.
On retrouve aussi :
– des mentions légales absentes
– des sites web non sécurisés (sans HTTPS)
Des éléments pourtant essentiels, autant pour la conformité que pour la confiance des utilisateurs.
On a déjà parlé de design dans les paragraphes précédents, en évoquant des problèmes de lisibilité, de densité informationnelle ou encore d’accessibilité. Mais il y a un enjeu encore plus spécifique lorsqu’on parle de création de site web pour une mairie ou une collectivité.
Ici, le design ne relève pas uniquement du confort d’utilisation. Il répond à une mission de service public : garantir un accès simple, clair et équitable aux informations et aux services pour l’ensemble des habitantes et habitants.
Et quand on regarde les sites web de nombreuses communes, en Indre-et-Loire comme ailleurs, on constate que les réponses numériques ne sont pas toujours à la hauteur de ces enjeux.
Ce n’est pas forcément un problème de volonté du côté des collectivités. C’est souvent plutôt une question de moyens, de priorisation ou de compréhension des enjeux du webdesign. Pourtant, améliorer l’accessibilité et l’utilisabilité de ces sites internet devrait être une priorité, au même titre que n’importe quel service public.
Un bon exemple de cette logique, c’est le design system de l’État français, avec le Design System de l’État. L’objectif est justement de proposer un cadre commun pour les sites web publics :
Alors oui, ça limite forcément la diversité graphique et l’originalité. Mais en contrepartie, ça améliore considérablement l’utilisabilité. Quand on a déjà utilisé un site public basé sur ce design system, on comprend beaucoup plus rapidement comment fonctionne un autre site construit sur les mêmes bases.
C’est exactement ça, l’enjeu : ne pas réinventer des interfaces à chaque fois, mais s’appuyer sur des standards communs pour faciliter l’accès aux services publics.
C’est par exemple le cas du site web de la commune de Couesmes, dont les pages web ne sont pas indexées sur Google.
Concrètement, cela signifie qu’on ne peut pas accéder au site web via un moteur de recherche. Le site web de la mairie est introuvable. 😬
Comme on disait en 2005 : c’est ballot.
Ok, je vais le dire sans langue de bois, ça a été compliqué de sélectionner des sites web totalement réussis dans ce secteur. Cela dit, j’ai tout de même repérer quelques initiatives prometteuses. Et j’espère qu’elles te seront inspirantes.
J’aime beaucoup le travail réalisé sur le site web de la Métropole de Rennes. La direction est claire : sobriété et clarté. Pas d’abus d’images et de visuels. Et les différents sites web de la métropole, comme celui des bibliothèques, reprend le même design pour une meilleure compréhension.
Saint-Quay Portrieux est une petite commune bretonne qui a l’un des sites web de commune les plus modernes que j’ai pu voir. Ce que j’aime beaucoup ici, c’est le menu de navigation qui est particulièrement clair et facile à utiliser. Si tu gères ton menu de navigation, tu as fait 50% du boulot. 😊
La ville de Candiac se trouve au Québec. C’est une ville moyenne d’environ 20000 habitant·es dont le site web a été réalisé par la très talentueuse agence Locomotive.
J’aime beaucoup leur approche particulièrement moderne. Voilà une belle manière de se démarquer des autres sites web de mairie.
Je te fais un récap de ce que je considère comme important pour la réalisation d’un site web de mairie en 2026.
On a besoin de sites web faciles à comprendre et à utiliser qui soient réellement utiles aux habitants et habitantes.
J’accompagne des projets de création de site web pour des entreprises, et également des collectivités, notamment en Indre-et-Loire et en Touraine.
Je travaille avec WordPress et Elementor, des outils adaptés qui sont régulièrement utilisés pour concevoir des sites web de mairie.
Comme tu as pu le voir dans cet article, j’ai déjà bien creusé les problématiques spécifiques à ce type de projet : accessibilité, lisibilité, structure de l’information ou encore expérience mobile.
Je peux intervenir à différentes étapes : conception du site web, refonte, maintenance, mais aussi accompagnement des équipes dans la gestion des contenus, le référencement et la mise à jour du site web.
Si tu as un projet de site web pour ta commune ou que tu souhaites faire évoluer l’existant, tu peux m’envoyer un message et on en discute. ✌️