Tu peux avoir une cuisine remarquable. Une carte exigeante et bien pensée. Une équipe qui assure en salle. De bons produits locaux, de saison, et parfois même une vraie histoire derrière chaque assiette.
Mais si ta communication visuelle ne suit pas, une partie de ce travail reste invisible.
Avant même de pousser la porte de ton restaurant, ta clientèle découvre souvent ton établissement ailleurs. Via Instagram, via Facebook, ton site web évidemment, ou parfois sur des annuaires comme Le Fooding, Écotable ou le Guide Michelin.
Et je vais être honnête. La première chose qu’on regarde, c’est ce que tu racontes avec tes photos.
Aujourd’hui, une bonne partie de ta clientèle va te découvrir en ligne avant de réserver.
Je suis tombé sur une étude menée à Porto, au Portugal, sur l’impact de la photographie dans le choix d’un restaurant. En particulier lorsque les images sont réalisées par la clientèle. Et le résultat est assez clair, et finalement peu surprenant : 8 client·es sur 10 considèrent les photos comme un critère important dans le choix d’un restaurant.
Autrement dit, la photographie culinaire n’est pas juste décorative. Elle influence déjà la réservation.
Et ça vaut autant pour un restaurant que pour un food-truck, une cantine engagée ou un service traiteur bien entendu.
Dans un secteur aussi concurrentiel que la restauration, la première impression se joue souvent en quelques secondes. On regarde :
La photographie culinaire devient un vrai outil de communication car elle ne sert pas seulement à montrer ce que tu cuisines. Elle raconte ton univers, ton positionnement et l’expérience globale que tu proposes.
C’est souvent ce qui permet de faire la différence avec d’autres restos.
Photographier un restaurant, ce n’est pas faire du portrait studio ou photographier un produit e-commerce sur fond blanc.
La photographie culinaire de restaurant répond à des contraintes très particulières. Et c’est aussi ça qui la rend passionnante.
Parce qu’elle se déroule souvent dans les conditions réelles du restaurant. Pendant le service, entre deux dressages, avec des plats qui refroidissent vite, une équipe qui n’a pas le temps de poser devant l’objectif, et une lumière parfois compliquée. Les cuisines pro avec une belle lumière naturelle, j’en ai pas vu beaucoup. 😊
Bref, ça laisse peu de marge d’erreur. Avoir un bon timing est essentiel pour savoir intervenir au bon moment et anticiper le bon geste.
La photo qui fonctionne, c’est parfois quand la fumée sort du four, le geste du dressage d’une sauce, un échange furtif en cuisine. C’est là que la photographie peut nourrir le storytelling d’un restaurant.
Quand le besoin est plus précis ou que les contraintes sont trop importantes, on peut aussi imaginer un shooting photo hors temps de service. Ça permet de mieux maîtriser la composition, la lumière, et de mieux calibrer la photographie en fonction des besoins et des supports de communication.
Avoir de belles photos, c’est bien. Mais la vraie question, c’est de savoir à quoi elles vont servir. Parce que si tu ressors d’un shooting avec toujours les mêmes plans de tes plats… tu risques vite d’être limité·e.
Avant une séance, pose-toi 2 questions simples :
En fonction, les besoins peuvent être très différents si tu as besoin de flyers, d’alimenter des réseaux sociaux, d’imprimer un kakémono ou d’alimenter ton site web.
La qualité photographique nécessaire ne sera pas la même si tu dois imprimer un kakémono ou une simple carte de visite.
Les formats vont aussi être très différents entre les supports. Recadrer une image portrait en paysage peut très mal fonctionner.
Pour les réseaux sociaux, c’est plus simple car il existe déjà des formats standards sur Instagram. Mais attention : les formats stories et feed sont différents, et il faut bien les anticiper.
Pour le web, ça devient un peu plus complexe car il y a plus de liberté.
Pour autant, il faut faire des choix.
Sur le sujet de la gastronomie et de la restauration, j’ai tendance à privilégier les formats portraits. La raison est simple : une bonne partie des consultations ont lieu sur mobile. Les client·es consultent souvent les informations sur un restaurant lorsqu’ils ou elles sont en déplacement.
Et sur mobile, le format portrait a souvent plus d’impact.
L’astuce, c’est d’avoir déjà une maquette de ton site web. Comme ça, tu sais exactement quel contenu produire et dans quels formats.
Je disais que c’était plus simple pour les réseaux sociaux car les formats sont déjà calibrés. Mais il faut aussi penser à tous les espaces qui nécessitent du visuel.
Évidemment, tu peux décider d’alterner entre photographie et illustration.
Rien que sur Instagram, tu dois penser :
Sur Facebook ou sur LinkedIn, il y a aussi des bannières à alimenter.
L’astuce, c’est de bien anticiper. Et si tu fais appel à un·e photographe, pense à bien lui communiquer tes besoins en termes de formats.
On n’y pense pas toujours, mais c’est aussi important d’alimenter correctement ta fiche Google avec des photos de qualité.
Après tout, les recherches sur le web restent l’un des premiers leviers qui amènent ta clientèle à découvrir ton restaurant.
Pense également aux guides et annuaires.
Beaucoup de client·es passent encore par des plateformes comme Le Fooding, Écotable ou le Guide Michelin.
Et parfois, les photos utilisées sont franchement regrettables tant elles ne rendent pas hommage aux établissements mis en avant.
Un restaurant ne peut pas raconter son histoire avec uniquement des photos de plats. En tout cas, c’est mon avis très subjectif.
Pour créer une vraie narration visuelle, il faut aussi montrer :
C’est cet ensemble qui crée une identité forte et qui aide ta clientèle à réserver.
Difficile de donner des règles universelles.
Moi, je vais plutôt te dire comment je réfléchirais pour un petit restaurant qui se lance. Voici quelques tips pour bien penser un site web one page.
Ce premier écran qu’on voit sans scroller. On doit comprendre rapidement ce que tu proposes. Et comme il est souvent difficile de raconter ton univers avec une seule image, j’aime bien l’idée d’un triptyque : l’assiette, le lieu, un moment de convivialité.
Pas besoin d’être exhaustif. 5 ou 6 photos fortes valent mieux que 20 photos moyennes.
Une vue (si elle vaut le détour), une terrasse, une devanture, un détail architectural ou de mobilier, une lumière de fin de journée… tout ce qui raconte l’ambiance.
Pour une section “À propos”, c’est idéal. Un portrait, une équipe, une scène de cuisine… quelque chose qui aide à créer du lien.
Je pense que tu as une bonne base pour construire un brief photo.
Si j’étais toi, j’aurais plein de questions, alors j’ai fait une FAQ. ✌️
Ce sont probablement les deux objections que j’entends le plus. Et elles sont légitimes.
La vraie question n’est pas forcément de savoir combien coûte une séance photo, mais plutôt ce qu’une bonne communication peut te rapporter.
Si ton resto est déjà complet tous les soirs, ton besoin ne sera pas le même. Mais si tu as encore une marge de progression, une bonne séance photo accompagnée d’une communication cohérente peut clairement t’aider à remplir ton établissement.
Bonne question.
Ça dépend du besoin. Ça dépend aussi du ou de la photographe. Mais globalement, je dirais qu’il faut souvent compter entre 200 et 800 euros pour une prestation.
De mon côté, j’ai une approche un peu différente. Mon métier principal, c’est la communication numérique et la création de sites web.
Donc quand j’accompagne un resto dans son développement digital, je peux aussi intégrer l’organisation d’un shooting photo. C’est souvent plus simple, plus cohérent… et parfois moins coûteux.
En France, les droits d’auteur appartiennent automatiquement au ou à la photographe, à condition que les images soient considérées comme originales.
Autrement dit, même si tu payes une prestation, tu ne deviens pas automatiquement propriétaire des photos.
Tu achètes généralement un droit d’utilisation. Je te conseille donc de bien clarifier ces points :
Bref : mieux vaut cadrer ça dès le devis.
Il n’existe pas de règle universelle.
Si ta carte change souvent, si tu travailles les saisons, ou si ton resto évolue régulièrement, plusieurs shootings par an peuvent être pertinents. Tous les 3 à 6 mois, ça peut déjà être une bonne base. Surtout lorsque tu ouvres resto et que tu n’as pas encore beaucoup de matière photographique.
Une séance bien préparée peut produire une vraie bibliothèque de contenus capable d’alimenter ta communication pendant plusieurs mois. L’essentiel, c’est de respecter la saisonnalité. On ne va pas publier sur les RS un gaspacho de tomates en plein mois de décembre.
Avant de shooter, il faut définir :
Et puis il y a plein de petits détails. Vaisselle, accessoires, tenues, lumière, tout ça se prépare. Un minimum.
Je me suis déjà retrouvé à faire des photos dans un jardin sans table ni accessoires parce que personne n’avait pensé que j’en aurais besoin 🫣
Plus le brief est clair, plus la séance est fluide.
La réponse honnête : oui.
Les smartphones actuels permettent de produire de très belles images. Ça me semble largement suffisant pour une diffusion sur un site web et réseaux sociaux.
Ensuite, tout repose sur le cadrage, la composition et la direction artistique. Certain·es gèrent ça très bien. D’autres moins. Tu penses bien que ça peut avoir un vrai impact sur la communication.
Par exemple, sur Instagrapm, une bonne approche peut être de mixer :
Ça crée souvent un bon équilibre. Et ça permet d’éviter de se brider sur le contenu. Tout en gardant une bonne qualité photographique.
Depuis quelques années, j’ai développé mon regard sur la photographie culinaire à travers différents projets menés à Tours.
L’un des plus marquants reste mon engagement pendant deux années avec le Refugee Food Festival. Ce projet m’a permis de rencontrer une vingtaine de chef·fes de nombreux restaurants de Tours et de la Touraine, de documenter des collaborations humaines fortes, et de comprendre à quel point la cuisine raconte bien plus qu’un simple plat.
Sur ce projet, j’avais aussi impliqué mes étudiant·es de Brassart dans la création d’illustrations autour des collaborations entre chef·fes et personnes réfugiées.
Ça m’a aussi rappelé une chose essentielle. En restauration, on ne vend pas uniquement une assiette. On vend un moment. Des rencontres. Une ambiance. Parfois même une histoire.
Et c’est exactement ce que la photographie culinaire permet de rendre visible.
Allez, on conclut cet article avec une petite galerie photo ✌️